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Daniella Ineza, la Première Fille Burundaise À Être Admise À Harvard

Classée parmi les 3 meilleures universités du monde, l’ Université de Harvard est connue pour avoir été fréquentée par de grandes figures africaines et internationales comme Ellen Sirleaf Johnson, Bill Gates, Barack et Michelle Obama. Et bientôt, on devra ajouter à cette liste la burundaise Daniella Ineza. Sisters In Success vous emmène à sa rencontre.

Par Elsa Mema

Elsa Mema: Salut Daniella! Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs et nous parler de ton parcours scolaire.

Daniella Ineza: Je m’appelle Daniella Ineza, j’ai 19 ans. Je suis la cadette dans une famille de 3 enfants. J’ai fait mon école inférieure d’abord au Lycée du Lac Tanganyika pour une année, et puis j’ai rejoint le Lycée du Saint-Esprit. J’ai ensuite continué le cycle supérieur à Gashora (Girls Academy of Science and Technology) au Rwanda où j’ai complété des cours en Mathématiques, Physique et Informatique. Je m’apprête actuellement à aller continuer mes études universitaires à l’étranger, à l’ Université de Harvard aux États-Unis plus précisément

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E.M : Tu es la première jeune fille burundaise à être admise à Harvard. Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?

D.I : Personnellement, je n’y crois toujours pas. Quand j’ai soumis ma candidature, je me suis rendu compte que si jamais je suis admise, je deviendrai la première fille burundaise à intégrer cette institution. Je sens que c’est un véritable honneur d’être la première à accomplir cet exploit. Par contre, je pense aussi que si j’y suis arrivée, ce n’est pas parce que je suis exceptionnelle. Ça aurait pu être le cas de n’importe qui, fille ou garçon.

Ce n’était qu’un concours de circonstances, ainsi que les différentes opportunités qui se sont présentées à moi au cours de ces années précédentes. Quand j’y repense, c’est l’accès à l’information qui m’a le plus aidé. Quant à la signification que cela porte, c’est un devoir pour moi de partager avec les autres ce qui m’a aidé. Si j’y suis arrivée, celui qui s’en donnera les moyens y arrivera aussi et je suis là pour le soutenir dans sa quête.


E.M: Qu’est-ce qui t’a poussé à envoyer ta demande d’inscription à Harvard ?

D.I: Un ami m’a convaincu de le faire. Au début, je ne voulais pas parce que je ne croyais pas que j’avais ne serait-ce qu’une petite chance d’être considérée. Je craignais cette université. Elle me faisait un peu peur, j’avoue, à cause de sa prestigieuse réputation. Mais aussi, je suis une personne qui tente tout et prend des risques. Alors j’ai pris un peu de courage, et je l’ai fait. J’ai dû me convaincre qu’il fallait que je croie un peu plus en moi et que ma candidature était digne de considération. Peu de temps après, j’ai passé une interview. Et puis, j’ai prié et attendu patiemment.


E.M: Pour être admise à Harvard, ça demande une note exceptionelle aux examens de SAT et TOEFL, comment es-tu parvenu à accomplir cela ? Etait-ce difficile ?

D.I: J’étais à une école qui préparait leurs élèves à postuler à de grandes universités. Alors à partir de ma troisième année, j’étais consciente que je devrais passer l’ACT (similaire au SAT et également accepté par les universités américaines) à un moment donné. Lors de ma dernière année secondaire, je me suis sérieusement préparée à ce test, tout en poursuivant le reste de mes cours. En Avril, j’ai pris mon premier test, et repris une nouvelle et dernière fois en septembre de la même année.

C’était difficile car ça requiert une grande préparation qui s’ajoute à la préparation de l’examen d’État. Mais le fait que j’étais informée depuis longtemps, ainsi que le type d’enseignement que je recevais à cette école ont constitué un grand avantage. Il ne me restait plus qu’ à bien planifier mon emploi du temps pour tout rentrer dedans et accorder du temps suffisant pour chacune des choses que je devais faire. Par contre, je n’ai pas passé le TOEFL car, après 3 ans dans une institution anglophone, j’ai été exempte de ce test. C’est un arrangement entre Gashora et quelques universités des États-Unis.


E.M : Que prévois-tu poursuivre comme faculté à Harvard ?

D.I : Je comptais prendre des cours en Computer Engineering, mais Harvard n’a pas cette faculté. J’ai alors décidé de poursuivre le Computer Science ou le Mechanical Engineering. Je suis passionnée par l’informatique, mais plus l’aspect électronique lié à l’informatique. L’idée de pouvoir créer des machines que je serai en mesure de programmer est tout simplement phénoménale. En plus de cela, la filière de la technique est en plein apogée, et la demande pour des gens qualifiés dans ce domaine, et surtout au Burundi, est de plus en plus important. À côté, je voudrais bien aussi prendre des cours dans le domaine des relations internationales.


E.M : Parlez -nous de toi en dehors de l’école ? Qu’est-ce que tu fais quand tu n’es pas en train d’étudier ?

D.I : C’est assez drôle comme question parce que, pendant la période d’école, je m’investis entièrement dedans et ma vie ne devient qu’études. J’exagère peut-être un peu, mais c’est tout moi. Et puis quand arrive la période des vacances, ben c’est vraiment les vacances. J’oublie mes cahiers et mes activités ne sont limitées qu’au strict minimum. (Rire) J’essaie de faire tout ce que je n’ai pas pu faire pendant la période scolaire, alors d’habitude, je reste chez moi pour me reposer et lire. Par contre, si une occasion se présente de sortir et de faire quelques activités entre amis, là j’essaie de ne pas les manquer. J’aime aussi voyager, n’ importe où, que ça soit un petit tour en ville ou un endroit plus éloigné.


E.M: Penses- tu que tu aurais pu accomplir cet exploit si tu étais resté au Burundi ?

D.I : C’est un petit peu difficile à répondre mais la réponse réside dans le fait qu’il reste un très grand manque d’information. Par exemple, je n’aurais probablement jamais appris qu’il était possible d’aller aux États-Unis avec une bourse complète. Je n’aurai même pas pu citer les noms de 3 universités américaines avant, alors que ce sont les mêmes qui offrent le plus de bourses aux étudiants internationaux. En plus de cela, je n’aurais probablement jamais su qu’il fallait réunir tellement de choses ou qu’il fallait passer un test avant de postuler pour ce genre d’opportunités.

Mais heureusement, il y a une amélioration grâce à certaines organisations qui sont venues s’installer au Burundi comme la Tujenge Africa Foundation qui prépare les étudiants Burundais pour l’université ici au Burundi et partout ailleurs dans le monde. Et il faut aussi considérer le facteur de langue qui retarde le processus d’application aux universités anglophones car il faut consacrer une période de temps assez considérable à la préparation et passation de ces tests d’entrées. Donc, si j’étais restée au Burundi, peut-être, j’y serai arrivé mais bien plus tard.


E.M : Les meilleures universités anglophones comme Oxford, Harvard, Yale, Duke, MIT, requièrent des tests d’entrée en anglais. Penses-tu que le système francophone burundais est un inconvénient pour les étudiants burundais ? Y aurait-il un ou des avantage(s) à garder notre système scolaire francophone ?

D.I : Je suis fière de mon héritage francophone, et le fait de parler couramment le français à jouer sur mon admission. Dans les pays occidentaux, parler couramment plusieurs langues n’est pas quelque chose de courant. Alors quand ils rencontrent un polyglotte, ils sont assez impressionnés. De plus, s’ils s’aperçoivent que tu arrives à manier parfaitement les deux langues comme il faut, ça en dit beaucoup sur le reste de tes aptitudes mentales. Et de façon plus générale, être capable de parler le français et l’anglais t’ouvrent plusieurs portes.

Dans le cadre universitaire, un élève qui a eu son diplôme au Burundi a le choix de poursuivre ses études dans l’une ou l’autre langue avec une quasi-certitude qu’ il réussira. Donc ce n’est pas un désavantage d’avoir évolué dans un système francophone lorsqu’on veut plus tard intégrer une institution anglophone. Je pense que tout dépend du genre de préparation qu’on a eu parce qu’il reste des Burundais, qui ont fait leurs années secondaires entièrement en Français mais qui sont parvenus à intégrer ces grandes universités. Peut-être faudrait-il enforcer l’enseignement de l’anglais au Burundi? Mais je me trompe sûrement car le niveau de ceux que j’ai pu entendre s’exprimer en anglais était assez élevé. Mais ce qui est sur c’est que pour pouvoir passer les tests d’admissions, que ça soit pour les anglophones ou les francophones, une préparation est requise au préalable.


E.M : Quelle est la fille/femme qui t’inspire le plus ?

D.I : Margueritte Barankitse. La manière dont elle a dédié sa vie entière à accueillir et assurer un avenir aux orphelins Burundais est quelque chose de noble et remarquable. Il est rare de trouver des gens qui se dévouent de la sorte sans rien espérer en retour. Elle est l’exemple de pure générosité et me prouve qu’il y a un espoir pour le peuple Burundais et pour la race humaine. J’admire aussi son courage et sa détermination pour faire régner la justice en toutes circonstances. Un vrai modèle!

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